Jeunes et emploi: un parcours semé d’embûches

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Pas si simple de trouver un emploi pour les jeunes!

Une réalité

Bien que le pourcentage de chômage complet du pays ait diminué ces dernières années pour les jeunes de moins de 25 ans, la situation des jeunes demandeurs d’emploi, lui, ne voit pas d’amélioration de manière générale sur notre territoire.

En cause…

Plusieurs explications sont à prendre en compte pour comprendre cette situation actuelle.

En premier lieu, le faible bagage scolaire des jeunes demandeurs d’emploi. En effet, les compétences des jeunes diplômes sont considérées insuffisantes pour devenir compétents sur le marché de l’emploi. Cela serait dû à une préparation trop limitée à ce sujet. Parmi les compétences indispensables jugées non-acquises: la maîtrise des langues, les calculs mathématiques… On pense donc àsystème d’enseignement inadapté.

En second lieu, la faible présence de jobs en adéquation aux filières des jeunes et leurs attentes (notamment salariale). Il semble difficile pour les jeunes diplômés de correspondre à tous les critères demandés par une entreprise. Soit, ces jeunes qualifiés se retrouvent dans un emploi qui ne sollicite pas l’entièreté de leurs compétences. Soit, les jeunes peu qualifiés ne sont pas en mesure d’obtenir un emploi qui leur conviennent.

Observation: le taux de chômage diminue dès que le niveau de qualification augmente (source: étude menée par le Forem en 2016, voir doc). Attention, cela ne signifie pas qu’une personne moins qualifiée ne pourra pas accéder à un emploi durable mais que cette transition sera plus longue par la mise en contact avec le monde professionnel.

En outre, les personnes moins qualifiées qui ont suivi des études préparatives à l’exercice d’un métier (études techniques ou pros) peuvent s’insérer rapidement sur le marché > car c’est un atout > rapprochement entre les études et le monde professionnel via stages.D’une part: emplois inoccupés > qualifications demandée trop élevée (fossé qui se creuse avec le chômage structurel) (source: RTBF) + les moins qualifiés sont ceux qui présentent le plus de difficultés sur le terrain de l’emploi (chez eux > chômage trois fois plus important que pour les jeunes diplômésS’ajoute également à ces éléments un problème géographique: les services emploi sont souvent situés dans les régions où le chômage est le plus bas (source: RTBF).

Cette situation est aggravée par la banalisation du travail étudiant(source: jeunes CSC). Depuis quelques temps, les jeunes peuvent travailler de manière ultra-flexible (ce qui entre en concurrence direct avec le salarié), certains d’entre eux travaillent même plus de 25 jours par mois pour toucher un salaire et risquent par conséquent de rater leur année scolaire  donc concurrence direct avec le salarié. La précarité des jeunes sur le marché du travailet de leur perception de ce dernier. En effet, les jeunes ont de plus en plus peur de l’avenir. Cette peur s’appuie sur des faits concrets (des périodes sans travail qui augmentent, le délai d’obtention d’un job, un CDI étant assez long…).

Bien qu’il y ait une diminution du chômage, on a une augmentation de bénéficiaires du Revenu D’Intégration Sociale. On peut donc penser que ces chômeurs sont maintenant au RIS.Le nombre d’offres d’emploi augmente mais ces emplois sont souvent des emplois temporaires ou temps partiel. (source: article web « Baisse historique du chômage: juste à cause des exclusions ou grâce au job » de Xavier Lambert, RTBF, 15 mars 2018. Et même quand le travailleur convient, ce dernier reçoit des contrats au compte-goutte (quasiment impossible de concrétiser ses projets et à se projeter).

Certaines décisions politiques liées aux jeunes ont sans doute participé à la situation actuelle. parmi ces décisions: abaissement de l’âge d’admission des allocations de chômage (de moins de 30 ans, on est passé à moins de 25 ans).Enfin, les femmes seraient plus nombreuses à être contraintes à changer d’employeurs et la peur de perdre leur emploi touche la moitié des jeunes femmes. Source: enquête réalisée par Patricia Vendramin, sociologue de l’UCL;

Solutions envisagées

Voici quelques pistes de solutions qui pourraient être mises en place:

  • Réformer le système d’enseignement: revoir en profondeur le système scolaire belge. Pour cela: « instaurer la médiation continue, postposer l’orientation en différentes filières et stimuler la formation en alternance » (d’après Bart Cockx, chercheur de l’UGent). Des changements qui devraient être appliqués des l’école primaire ;
  • Revaloriser les filières techniques et professionnelles, que ce soit par le monde politique et professionnel, mais également par la société civile dans son ensemble. L’enseignement qualifiant doit « faire l’objet d’un choix positif » (source Valérie Silberberg dans la revue Éduquer). Revalorisation qui passe, selon elle, par « une politique de renforcement des dispositif d’orientation au terme du tronc commun » + focus sur les stages, l’immersion et l’alternance en entreprise afin que l’élève puisse réaliser ce que pourrait être son métier ;
  • Mise en place d’apprentissage d’aptitudes comportementales dans le monde du travail (travail en équipe, responsabilisation, respect de l’autre…)
  • Réorienter les jeunes vers le secteur, c’est-à-dire de proposer aux demandeurs d’emploi de combler la demande dans certains secteurs où le recrutement est difficile (exemple: le secteur de la construction) ;
  • Un suivi plus ciblé sur les jeunes chômeurs peu qualifiés et les jeunes défavorisés.

Conclusion

Même si les chiffres officiels de l’ONEM peuvent de prime abord montrer que la situation connait une embellie et que le chômage est à la baisse, il convient de rester prudents et de prendre le recul nécessaire pour cerner la situation avec justesse.

La situation actuelle décrit notamment une jeunesse inquiète pour son avenir, en difficulté pour intégrer le monde du travail.Il est dès lors nécessaire d’adopter un modèle adapté aux particularités belges.